Premier grand meeting de François Hollande au Bourget ; synthèse.

A l’issu d’un tel discours, il serait malhonnête de remettre en cause le dynamisme de François Hollande. Le candidat à la présidentielle, évidemment accompagné de sa fervente Martine Aubry, souvent remis en cause pour son manque de projets et pour sa tactique discriminatoire vis-à-vis de l’UMP, vient de prouver à ses électeurs que son titre de « mi-molette » (désigné ainsi par les députés adversaires) n’est pas justifié. Hollande rentre en course en faisant preuve de simplicité et d’humilité de par ses chaleureux saluts qu’il adresse à son public. Une fois sur l’estrade, il énonce (enfin), ému, son programme tant attendu.
A commencer par les affaires étrangères ; le candidat promet de maintenir la fermeté contre l’immigration clandestine et son exploitation. En revanche, il promeut le droit de vote pour les étrangers résidant en France ayant une situation stable. Il appuie notamment sur le retrait des troupes militaires françaises en mission en Afghanistan, mission qu’il juge « terminée », sans oublier la contribution que la France doit faire preuve au Proche-Orient pour la paix, ce qui d’ailleurs va quelque peu à l’encontre de sa critique du gouvernement actuel qui s’immiscerait, selon lui, dans des histoires qui ne le concerne pas (faisant certainement référence à la récente confrontation avec la Turquie).
Le prétendant à la présidentielle appuie également sur la liberté de la presse, puis s’attaque à la finance qui, de son point de vue, régit désormais l’économie française. Il annonce la suppression des stock-options et de la présence des banques françaises dans les paradis fiscaux. Une taxe sur les transactions financières sera également mise en place.
Des mesures qui, pour l’opposant de gauche, visent à prôner l’égalité. De ça revient-il sur la question de la sécurité qui doit être appliquée pour tous ; il informe que des centres seront mis en place aux pôles de délinquance les plus virulents, que les accès à l’électricité, au gaz, à l’eau seront améliorés, que la construction de logements sociaux prendront place dans tous les espaces disponibles de toutes les collectivités nationales et, toujours concernant les problèmes de logement, que l’encadrement des loyers où les prix sont excessifs sera mis en place, tandis que les foyers aux revenus dépassant les 150 000 euros verront leurs impôts augmentés en précisant que cette fois-ci, les classes moyennes ne seront pas touchées.
Bien sûr, Hollande aspire à un pacte européen toujours plus solide ; afin de faire taire les spéculations, il avertit la création d’une agence publique de notation européenne ainsi qu’une banque centrale européenne, accompagnées d’un pacte de responsabilité de gouvernance et de croissance et d’un nouveau traité franco-allemand avec Angela Merkel en janvier 2013. Il augure notamment une contribution écologique.
Également désireux de favoriser les entreprises actives sur le territoire français, François Hollande pointe du doigt les délocalisations en avertissant que ces compagnies devront rembourser les aides qui leur sont attribuées si tel est le cas. Les PME stratégiques et innovantes devront être valorisées.
En l’attente d’un peuple satisfait, il promet la hausse du pouvoir d’achat et la retraite pour les plus jeunes actifs à l’âge de 60 ans en menaçant les fraudeurs et les caïds et met en avant les fonctionnaires notamment en déclarant une fois de plus sa volonté du redéploiement de 60 000 emplois dans l’éducation nationale, pour accompagner les jeunes qui pour le candidat à la présidentielle représente l’avenir du pays. Il souhaite supprimer les frontières entre les étudiants étrangers qui entendent étudier en France. Traitant toujours de l’éducation, François Hollande fait savoir qu’il appliquera une allocation d’étude aux familles modestes.
Nous retiendrons bien sûr sa promesse de réduire de 30% les indemnités des membres du gouvernement, très belle preuve de solidarité que la jeunesse attendait tout particulièrement.

Un beau discours à l’effigie d’un homme politique assoiffé de justice, mais malgré tout commun et surestimé qui ne semble pas assez soutenir l’avenir de notre pays en cette période de crise.
Le tout étant désormais pour le candidat du parti socialiste d’établir une confiance, qui, au vu de ce programme chargé d’ambitions, sera certainement difficile à mettre en place.

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"Indignez-vous !"

Je suis heureux de vivre dans une société où le peuple ne cesse de s’indigner. L’indignation est le maître mot de la démocratie, et puisque les innombrables générations ont construit l’histoire de France pour atteindre ce but, je considère que nos revendications sont à l’origine de la stabilisation de l’état. Non pas qu’elles soient toujours justes, correctes ou même censées, mais cette véhémence pacifique nous permet de construire dans une liberté sans cesse revendiquée du point de vue de tous. Il est important de scandaliser et de montrer notre  mécontentement dans le but de tendre vers une société toujours meilleure. Il est en revanche honteux de résilier notre insatisfaction. Nous vivons dans un régime politique où le peuple à l’aptitude d’exercer sa souveraineté, alors jouissons de ce droit !

"Il arrive qu’il y ait un devoir d’indignation, même quand cela ne sert à rien."
Amélie Nothomb

Critique de critique

Un matin, j’ai eu la curiosité de me plonger dans un tract distribué par des étudiants à l’entrée de mon lycée. En grosses lettres, les slogans « nous ne devons pas payer les dettes publiques dont nous ne sommes pas responsables » ou « le gouvernement actuel a instauré une réforme dans le but de nous formater et de faire des riches des plus riches et des pauvres des encore plus pauvres ». Les dernières mesures prises par le gouvernement consistant à reverser « 22 milliards d’euros pour aider les petites et moyennes entreprises afin d’éviter les éventuels manques de crédits. Cette aide permettra de surcroît de sauvegarder les emplois.» On peut également mentionner que « L’État se chargera de verser une aide de 200 euros à un peu moins de 4 millions des ménages les plus fragiles et ce, en attendant les effets du système de Revenu de Solidarité Active. Cette mesure sera à hauteur de 760 millions d’euros. » Certes ces aides (parmi d’autres) ne permettront pas la stabilité de toutes les familles dans le besoin, mais l’égoïsme du gouvernement français visant à favoriser les banques dans le but de pouvoir accorder le crédit aux clients est certainement plus légitime que celui des révolutionnaires qui refusent la solidarité en rejetant la faute sur les « riches », disent-ils. La crise est mondiale et touche tous les secteurs. Il me semble bien loin l’idée de fraternité que la devise oublie de nous rappeler…

Watch the throne

Couverture de l'album "Watch the throne"

“Human beings in a mob. What’s a mob to a king ? What’s a king to a God ? What’s a god to a non-believer who don’t believe in anything ?”
C’est avec cette belle phrase que Jay-Z et Kanye West nous entraînent dans leur album infernal “Watch the throne” (“Attention au trône”). L’album contient quinze titres dont six featurings avec notamment Frank Ocean probablement pistonné par Beyonce (qui fait également introduction pour le second titre de l’album « Lift off ») elle-même parrainée par son mari Jay-Z bien évidemment. Un album exceptionnel car produit en duo n’affichant pas à la surprise générale l’étiquette « Avertissement parental », et on ne s’en porte pas forcément mieux lorsque nos oreilles crissent sous les incessants « bitch », « shit » ou « fucking » des deux « niggas » qui utilisent ces expressions à profusion. Bien sûr l’église, la xénophobie raciale envers les noirs et les ghettos sont énoncés mainte et mainte fois parfois presque au détriment des deux hommages portés à Otis Redding et Danroy Henry qui d’ailleurs seraient à compte tenu du contenu du reste de l’album peut-être de mauvais goût…
Et il est vrai que dans cet album porteur de mille et un messages, il est difficile de se frayer un chemin à travers cet excès de véhémence qui parcoure la majorité des titres. Réelles croyances ou profanation ? Tandis que le blasphémateur « No church in the wild » appuie la médiocrité du lien entre les ghettos et la religion, « Made in America » vient le contredire avec son rythme ataraxique et ses prières à la « mère Mary » et au « doux Jésus ». Et c’est finalement ce paradoxe précisément qui reste appréciable chez les rappeurs américains tels Jay-Z et Kanye West ; la balance du bien et du mal. D’autant plus que Kanye West ajoute des notes similaires exquises à son précédent album « My beautiful dark twisted fantasy » permettant de créer une rupture avec l’idée du rap hard et extrémiste qui fait passer la pilule d’une manière délicieuse, s’y ajoute notre tigresse féministe Beyonce qui pimente à souhait le second titre de l’album énoncé plus tôt et qui il faut le dire, « nous emmène jusque la lune, jusqu’aux étoiles ».
L’album est très nettement influencé par Jay-Z comme on peut le voir à travers une certaine rétrospection notamment dans « Made in America » mentionnant (encore) les ghettos (en vous rappelant que le producteur pesant 450 millions de dollars en 2009 est né dans un quartier défavorisé de Brooklyn). Bien que la mention du racisme anti-noir présente dans presque tous les morceaux de l’album semble bienveillante, l’acharnement de l’artiste à répéter que les « niggas » sont des victimes tendrait presque à penser que le rappeur devient lui-même raciste militant contre les blancs. Tout actuel acharnement en faveur d’une cause est aujourd’hui critiqué et il est impensable de détruire le statut d’icône gay de Lady Gaga sans faire de même pour les deux rappeurs concernant la lutte contre le racisme. Il devient exaspérant à fortiori dans un art d’exprimer inlassablement sa haine envers une autre. Des propos non censurés qui portent préjudice à la qualité musicale de l’album.
En définitive, « Watch the throne » est un album artistiquement abouti qui révèle une fois de plus le talent de ses deux producteurs respectifs, comportant d’intéressants messages hybrides. Cependant la dureté du rap américain n’est pas dissolue mais la magie apportée tout droit du précédent album de West apporte une suavité absolument savoureuse.

(« Watch the throne » de Jay-Z et Kanye West disponible depuis le 08 août 2011 à 12€99 sur les plateformes de téléchargement. Cet article n’a aucun but injurieux et n’est que le reflet d’un point de vue subjectif.)

Lisez-moi ! Read me !

(Je me passerai d’une présentation pour la simple et bonne raison que je ne sais absolument pas comment m’y prendre. Je tiens néanmoins à mentionner Panic Prone pour la photo d’accueil. Rentrons maintenant dans le vif du sujet avec un premier article concernant les sagas cinématographiques…)

Le phénomène des sagas cinématographiques se traduit par une progression lente vers l’abomination. En règle générale, le premier opus d’une saga à un tel succès que les producteurs et les réalisateurs s’en réjouissent et décident de le seconder dans le but de prolonger cet espéré immuable succès. Les tomes suivants n’engendrent pourtant pas une telle jouissance ; une partie du public se lasse tandis que l’autre ne prend plus la peine de suivre. Résultat, c’est une dégringolade que subit le mythe « Pirates des Caraïbes », le premier volet reçoit un box-office digne du nom avec 3 864 251 d’entrées en France tandis que le quatrième, sorti cette année, se contente de 1 693 713 entrées. Il en est de même pour « Le monde de Narnia » qui lors de la première journée de la sortie de « L’armoire magique » en 2005 reçoit 376 589 entrées en opposition avec « L’odyssée du passeur d’aurore » et ses quelques 109 776 entrées l’année dernière, ou encore Shrek passant de 484 409 218 dollars de bénéfice pour son premier film tandis que « Il était une fin », signant (enfin) la fin de la saga s’allège à quelques 39,8 millions de dollars. Visuellement parlant, on ne peut pas nier la qualité progressive des effets spéciaux auxquels ont recourt les réalisateurs pour s’accrocher désespérément à un public qui s’efface peu à peu, comme en témoigne Spider Man avec pour débuter un budget de 139 millions de dollars avec « Spider Man 1 » contre 258 millions avec « Spider Man 2 ». Par la suite, lorsque la dépression s’accentue, les producteurs n’hésitent pas à tenter de redonner une nouvelle vie à leur saga comme l’attestent notamment « Batman » ou « X-men origins » qui pour sa part réussis à faire sortir la tête de son réalisateur hors de l’eau. Mais les critiques ne sont pas toujours au rendez-vous. « Destination finale » ou encore « Saw », deux séries cinématographiques étiquetées « horreur » continuent pourtant de faire juter leur box-office respectif. Une aubaine pour James Wan qui persiste avec sept volets. On note également dans ce sens le succès mondial, persistant pour le petit Harry Potter, sorcier de Poudlard qui depuis 2001 ne cesse d’accroître ses bénéfices, passant progressivement de 974 millions de dollars pour « L’école des sorciers » à 1,4 milliard de dollars pour « Les reliques de la mort partie 1 », un succès s’étalant sur 11 ans.
Trêve de bavardages chiffrés, l’acharnement que porte l’univers cinématographique sur les sagas nous entraîne peu à peu vers un cinéma télévisé où les séries ont plus de place au programme qu’un bon vieux film. Qu’en est-il de l’avenir du cinéma ?

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